Chapitre XI
Avec SJ nous avions joué dans
pas mal de festivals pendant la dernière année d’activité du groupe et comme la
plupart du temps nous étions amenés à voyager avec les autres principaux groupes
de l’époque cela nous permettait de nous côtoyer pendant ces longs trajets et
créer des liens plus ou moins forts avec certains où les affinités étaient plus
nombreuses. De mon côté j’avais sympathisé particulièrement avec les membres
d’Attentat Rock que j’appréciais beaucoup et cela semblait être réciproque. Donc
après le France Festival de Choisy le Roi qui sentait la fin de la période faste
du mouvement du hard rock en France la plupart des groupes se sont séparés à ce
moment précis et il se trouve qu’Attentat Rock qui souhaitait poursuivre malgré
tout l’aventure ayant des projets déjà en cours et notamment la tournée
française en guest de Mama’s Boys s’est retrouvé sans son guitariste principal
Hervé Raynal qui préférait se retirer provisoirement ou même de façon
définitive...sa décision n’était pas très claire. Il fallait bien évidemment le
remplacer et tous les regards se sont portés vers moi qui était à présent libre
de tout engagement et qui possédait bien sûr tous les ingrédients nécessaires.
J’ai donc assuré le dernier festival restant avec SJ et enchaîné
immédiatement les répétitions avec Attentat Rock sans avoir le temps de
réfléchir davantage. Il me fallait donc apprendre tout le répertoire du groupe
rapidement puisque nous étions début août et les premiers concerts débutaient
dès septembre. Je me souviens qu’ils venaient m’aider chez moi et que l’ambiance
était particulièrement sympa même si je devais ingurgiter une vingtaine de
titres en à peine un mois...mais tout cela dans la précipitation et je le
rappelle sans avoir pris le temps de réfléchir plus longuement puisqu’il y avait
urgence. Une fois tout cela réalisé il fallait quand même répéter un minimum
avec le groupe au complet et cela eut lieu dans le local qu’ils louaient mais je
ne me souviens plus trop du lieu car en fait avec toutes ces aventures
différentes j’avoue avoir répété successivement dans pas mal d’endroits. Il me
semble que c’était à Montreuil mais je me garderais bien de l’assurer. Après les
quelques répètes effectuées je me rappelle que leur manager du moment Elie
Benali était très enthousiaste par rapport à moi...
C’est à présent que les choses
se gâtèrent de mon côté lorsque j’ai vu les conditions de transport et
d’hébergement pour les concerts en sortant de ce que j’avais connu précédemment.
Rien à voir. Déjà qu’à cette période je n’avais pas un gros moral pour
différentes raisons personnelles et s’ajoutaient à cela des choses dont je me
serais bien passé. Et pourtant il ne s’agissait nullement de l’ambiance dans le
groupe qui était plutôt sympathique mais du manque de moyens financiers dont
faisait preuve le label. Si j’avais été dans une autre configuration et
plusieurs années auparavant cela ne m’aurait pas autant choqué loin de là et
j’aurais même été content de faire des concerts à travers la France. Mais encore
une fois cela contrastait tellement avec ce que j’avais vécu avant que cela me
minait le moral qui n’était déjà pas au top comme je l’ai déjà dit précédemment.
Enfin j’ai décidé malgré tout “de faire contre mauvaise fortune bon coeur” et
c’était parti !!!
La tournée en guest de Mama’s Boys se déroula malgré tout
très bien et les membres de ce groupe étaient particulièrement chaleureux avec
nous en plus d’être très talentueux. Nous avions la chance de partager les mêmes
loges et de ce fait d’avoir la possibilité d’assister à leur échauffement tous
les soirs de concert. De très bons moments à chaque fois. Ensuite nous montions
sur scène et selon le lieu nous avions plus ou moins de place mais cela restait
tout de même correct.
Les instants les plus difficiles pour moi étaient les
trajets d’une ville à une autre avec la plupart du temps les très nombreux kms
en camionnette mais surtout les hébergements qui étaient pratiquement tout le
temps chez l’habitant. C’est vrai que sur ce point j’avais beaucoup de mal après
avoir connu les hôtels quasiment tout le temps dans chaque ville où nous
jouions. Arriva le Bol d’Or que j’avais déjà connu avec SJ l’année précédente
mais dans bien d’autres conditions évidemment. Je ne vais pas trop insister sur
ces points. La tournée terminée pour laquelle j’avais rejoint le groupe ils
souhaitaient enregistrer un nouvel album sous un nouveau nom intitulé Pink Rose.
Evidemment je faisais partie du projet et donc nouvelles compos dans un style
légèrement différent.
Mon moral était au plus bas car ma vie privée en plus
des problèmes évoqués était tout sauf réjouissante. Cela ne faisait qu’accroître
ma chute morale et il est vrai que cela me mettait dans un état second et qui
faisait que je n’étais pas à prendre avec des pincettes pendant toute cette
période. Donc un rien me faisait sortir de mes gonds si je puis dire. Voici donc
l’ambiance à l’aube de rentrer en studio à Genève. Et arrivé dans cette ville
magnifique j’avoue que tout se gâtait encore pour moi puisque d’une part nous
devions loger pendant toute la période une fois de plus chez l’habitant qui
était en l’occurrence des personnes que connaissaient les autres membres du
groupe car ils avaient déjà enregistré dans ce même studio mais inconnus pour
moi mais surtout Elie le fameux manager qui se voulait également producteur
décida soudainement d’exiger des sons très peu saturés contrairement à l’album
précédent “Strike” afin d’aérer le tout...N’oublions pas que le groupe était
censé à l’origine jouer du hard rock et il voulait me convaincre de cela alors
que j’avais quand même déjà enregistré plusieurs albums et notamment avec Steve
Prestage qui avait collaboré auparavant avec Gary Moore, Dio et autres...et qui
savait de quoi il parlait même si j’avais été pour ma part un peu déçu de mon
son de guitare mais il y avait d’autres raisons à cela que je n’invoquerais pas
ici. Enfin j’avais déjà une certaine expérience et le Elie qui ne voulait rien
entendre.
N’étant déjà pas très bien dans ma peau à ce moment je n’arrivais
plus à jouer les parties que j’avais préparées à cause de ce tout petit son sans
aucun sustain. Les guitaristes comprendront ce que je veux dire. Tous ces
différents ingrédients réunis ont fait qu’un jour en arrivant au studio j’ai dit
clairement que je ne voulais plus continuer de la sorte et que je prendrais le
1er train en partance pour Paris. J’étais désolé pour le groupe que j’aimais
bien mais cela devenait véritablement au-dessus de mes forces. Et je suis parti
comme çà rejoindre ma compagne qui n’était vraiment pas au mieux moralement non
plus. J’avais d’ailleurs déjà posé pour les photos destinées à l’album de Pink
Rose et c’en était définitivement fini pour moi de cette période transitoire.
C’était malgré tout une
expérience à vivre mais il aurait fallu pour qu’elle soit concluante qu’elle
arrive bien des années plus tôt afin que je l’apprécie différemment mais pas à
ce moment-là. Cela m’a permis de comparer et de voir l’énorme différence de
conditions entre une Major et un label indépendant et qui me mène à la
conclusion que ce n’est malheureusement pas le même métier. J’ai bien conscience
du privilège que j’ai eu en ne signant que sur des Majors mais c’est comme çà.
Je n’ai pas à m’en excuser non plus. Point final concernant ce paragraphe.
Quelques photos ci-jointes :
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