Chapitre II

Je commençais progressivement à combler mon retard sur mon ami qui avait débuté un peu avant moi et il fallait absolument que j’arrive à me débrouiller seul. J’avais la chance d’avoir une bonne oreille qui me permettait de déchiffrer des petites mélodies voire des bouts de solos sur les disques que je remettais jusqu’à ce que je trouve. Pas simple mais à cette époque c’était le seul moyen que j’avais. Dans l’ensemble cela ne se passait pas trop mal même si je devais parcourir tout le manche pour trouver les notes. Lorsque j’allais voir un concert avec des musiciens qui avaient déjà plus de pratique que moi je découvrais qu’ils réussissaient à faire la même chose mais en ne se déplaçant que très peu. Cela m’intriguait beaucoup et à chaque fois je me disais qu’il fallait vraiment que je trouve cette façon de jouer.

Régulièrement à la fin des concerts j’allais voir le guitariste pour savoir s’il donnait des cours et à chaque fois la même réponse négative. Parfois il y en avait qui me disaient oui mais à la fin du compte ils ne me recontactaient jamais. A cette période les seuls cours qu’on pouvait trouver étaient dans les conservatoires mais j’avais entendu dire qu’on ne touchait pas du tout l’instrument pendant la première année qui était dédiée totalement à l’enseignement du solfège. Moi je désirais jouer et progresser mais directement sur l’instrument et non pas autrement et comme j’étais très motivé et que je souhaitais profiter de ma qualité innée d’avoir une bonne oreille comme je l’ai dit plus haut pas de choix. (Il y avait également des cours de jazz mais ce n’était pas le style dans lequel je souhaitais me diriger à ce moment-là).

Le problème qui n’en est pas vraiment un c’est que à force de jouer je commençais à progresser malgré tout mais je n’avais aucune idée de ce que je faisais et comment savoir improviser. J’ai donc acheté des méthodes de guitare dont une qui m’a marqué puisqu’il s’agissait de la fameuse méthode à Dadi. Même si elle était très sympathique au demeurant et pour débuter je n’y ai malgré tout pas appris beaucoup de choses et suis passé à d’autres beaucoup plus enrichissantes pour moi.

De fil en aiguille j’ai découvert les gammes et commencé à comprendre plus ou moins ce que je faisais et sur quelle tonalité je me trouvais. Très intéressant tout cela et j’avais fait un bond en avant subitement. L’apprentissage seul était un énorme travail où je ne comptais pas les heures mais très satisfaisant à la fin du compte car on retient mieux ce que l’on découvre par soi-même. J’en
dégageais un plaisir certain et toutes les personnes qui m’entendaient jouer m’encourageaient à poursuivre dans ce sens. Enfin j’arrivais à prendre un peu de plaisir et c’est super de s’entendre dire qu’on est doué mais à quel prix. Le nombre d’heures passées était considérable mais quand on aime on ne compte pas...

Après cet apprentissage régulier je me suis dit qu’il pourrait être intéressant de jouer avec d’autres musiciens et que cela contribuerait certainement à me faire évoluer sur d’autres plans et compléter ainsi la mise en pratique concrète de tout ce que j’avais déjà appris. En commençant directement par mes camarades de lycée, j’avais la chance à cette période d’avoir un voisin de classe passionné de guitare et qui en plus avait un petit groupe. Après avoir discuté de tout cela avec mon copain qui s’appelait Didier (Chaumeil) nous avons convenu d’un rdv chez lui avec les différents membres de son groupe pour voir si on pouvait faire quelque chose ensemble. Il se trouve que son frère le chanteur n’était autre que Pascal Chaumeil qui deviendra plus tard le célèbre réalisateur de films ayant entre autres crée le film “L’Arnacoeur” avec Vanessa Paradis et Romain Duris en tant qu’acteurs principaux qui a cartonné en faisant plus de quatre millions d’entrée en salle et l’a rendu très côté par la même occasion ayant même eu une proposition d’adaptation aux USA qui s’est d’ailleurs concrétisée avec des acteurs américains bien sûr. Pascal est malheureusement décédé en pleine gloire alors qu’il était enfin au firmament avec beaucoup de projets en cours.

Parenthèse terminée pour en revenir au petit groupe ainsi créé j’avais de mon côté un ami d’enfance qui jouait du clavier et lui ai proposé de nous rejoindre avec l’accord des autres membres. En plus cet ami clavier qui s’appelait Charles Hurbier poursuivra également de son côté dans le secteur de la musique et avait aussi un local dans la maison de ses parents où nous pouvions également préparer notre répertoire en toute quiétude mais en adaptant bien évidemment nos heures de répétitions. Au fur et à mesure nous construisions donc ce fameux répertoire composé d’une majorité de covers basées principalement dans un registre rock et cela tournait correctement. Par la suite lorsque nous étions suffisamment au point nous avons fait divers concerts et le public appréciait dans l’ensemble beaucoup nos prestations.

Ma mère du fait de ses connaissances entreprit de nous faire enregistrer une petite maquette chez Phonogram déjà avec deux titres de compos personnelles. Le résultat était sympa mais pas suffisamment pour décrocher un contrat. Nous étions par ailleurs tous très jeunes à cette période. Cependant je commençais à prendre goût à cette activité à tel point que je voulais absolument poursuivre dans cette voie. Je le dis aux différents membres du groupe mais personne ne se sentait apte à franchir le pas. Donc un beau jour je me décidais à poursuivre mon chemin et abandonner à contre coeur mes amis et collègues du groupe.

Parenthèse, parallèlement à tout cela je poursuivais quand même ma vie avec mes amis et dans l’ensemble nous nous retrouvions chez moi pratiquement tous les soirs avec toute la bande de copains. Nous étions en gros à peu près une petite dizaine mais avec mon principal ami de toujours Jean-Michel (Debaumont) qui a déménagé dans le sud par la suite, nous sommes régulièrement toujours en contact depuis toutes ces années et c’est avec un plaisir non dissimulé que nous nous voyons lorsqu’il est de passage à Paris pour son travail. Sinon en rapport plus ou moins constant grâce aux réseaux sociaux et bien évidemment par téléphone également. Tout cela afin de citer mon merveilleux ami que j’adore.

Voilà je referme la parenthèse.


Bruno - Stephane - Jean-Michel


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